Cédric PALERME

Moniteur de plongée en apnée

Cédric PALERME, portrait d'un passionné d'apnée et de photographies

Bonjour Cédric, peux tu nous dire qui es tu en deux mots ?

Je suis moniteur de plongée en apnée au CIPA à Nice.

J’exerce ce métier par amour pour la mer. Enfant, je voulais être le commandant Cousteau, pour découvrir les fonds marins et naviguer. 

Le commandant  Cousteau est un mentor pour toi ?

Oui tout à fait. Ce qu’il a fait est très important. il y a un avant et après Cousteau car c’est un pionnier. 

Grâce à lui nous avons pu découvrir qu’il y a une vie sous-marine. 

Avant lui, nous ne savions pas ce qui pouvait se trouver sous la surface de la mer qu’il qualifiait de « miroir ». C’est ainsi que j’ai eu envie de faire de la plongée.

Par la suite, tu t’es donc fixé comme objectif de travailler en lien avec la mer ?

Oui, j’avais vraiment eu ce souhait.

Après avoir été diplômé en licence de biologie et en maitrise de psychologie sociale à l’Université à Nice, je suis parti à Saint-Barth rejoindre ma cousine. C’est là-bas sur cette micro-île exclusivement tournée vers la mer que j’ai découvert la plongée et l’apnée. Jacques Mayol était à mes yeux un héros. 

Et par hasard, un jour, j’ai découvert dans un magazine l’existence de champions du monde d’apnée à Nice ! Il faut aller loin pour se rendre compte que ce que nous cherchons est en fait juste à côté de nous. Avant de rentrer, j’ai eu la chance d’avoir un ami, Arnaud, qui m’a fait découvrir en bateau l’observation des baleines et l’art de les photographier pour les cartographier.

Puis en en rentrant à Nice, j’étais décidé à me former en plongée bouteilles et en apnée.

Peux tu nous dire un mot sur ce qu’est l’apnée ?

L’apnée c’est un monde très accessible. Comme le dit Claude Chapuis, tout le monde peut faire de l’apnée en s’entraînant. C’est une ambiance magique où nous sommes tous solidaires les uns des autres. Lorsqu’un apnéiste descend dans les profondeurs, c’est toute l’équipe à la surface qui est là pour assurer sa sécurité. L’amitié est très forte entre apnéistes. Il y a un état d’esprit très noble. L’apnée ce n’est pas seulement pratiquer une activité sportive, c’est adhérer à un groupe.

Humainement, c’est très fort. Le CIPA (1) où j’enseigne, a son histoire, avec ses champions du monde, ses records internationaux, mais c’est aussi un lieu de partage et d’amitié forte.

Tu développes aussi une autre passion qui est celle de photographier les trésors de la Méditerranée, peux tu nous en dire un mot ?

Effectivement, je photographie la beauté des fonds sous-marins de Villefranche-sur-mer.

Une fois encore, ce n’est pas la peine d’aller loin pour voir des merveilles. Il y en a tant juste sous nos pieds !

Photographier ces richesses, c’est montrer aux gens qu’il y a beaucoup de belles choses accessibles ici et qu’il faut les protéger. A 2 mètres de profondeur, vous voyez des espèces incroyables !

J’ai également développé cette passion pour la photographie sous-marine que je réalise en cohérence avec les randonnées palmées que j’anime avec des enfants pour des organismes spécialisés (3).

J’espère qu’avec ces clichés, je participe à ma manière à la sensibilisation de la préservation de la Méditerranée et j’essaye de passer un message très important : notre Méditerranée n’est pas morte, nous avons la chance d’avoir beaucoup de très belles espèces, faunes et flores confondues. Pour protéger ses beautés, il faut absolument la préserver, faire attention à nos gestes : ne pas jeter de déchets dans la mer et prendre conscience qu’ils ne sont que la partie visible des déchets en mer. Il y aussi malheureusement d’autres déchets très nocifs pour les fonds marins : les micro-plastiques, les polluants chimiques et les résidus de médicaments. Ces polluants constituent des perturbateurs endocriniens pour les espèces.

Le meilleur moyen de communiquer sur ces richesses est la création de sentiers sous-marins et de réserves naturelles. Je souhaite défendre les espaces qui ne sont pas encore connus pour leurs richesses et qui méritent une communication pour leur préservation.

Il y a beaucoup de choses à faire pour sauver notre Méditerranée. J’espère à mon niveau y participer en montrant à tous la beauté des fonds sous-marins.

Effectivement tes photographies sont magnifiques, d’ailleurs nous les publions dans la rubrique « Infosmed » pour les partager au plus grand nombre. Ce travail nous permet de connaitre les espèces qui vivent à nos pieds.

Un mot sur le bénévolat pour les jeunes qui souhaitent s’investir pour la protection de l’environnement et de la Méditerranée ?

En France le réseau associatif est l’un des plus actifs au monde. Vous pouvez apprendre tous les métiers à titre de bénévole. C’est très formateur. Cela permet de réaliser ses passions aussi, et de nous former grâce à la rencontre de personnes compétentes.

Je fais du bénévolat avec un club d’archéologie sous-marine à Nice (INASS). En apportant mon aide en tant que moniteur de plongée, j’apprends notre patrimoine archéologique de Nice. Cette expérience m’enrichit aussi ! cela me permet de faire de l’archéologie sans que ce soit mon métier.

Le bénévolat c’est bon pour soi, on s’investit pour aider mais aussi pour sa propre construction personnelle.

(1)  cipapnea.fr

(2)  pour voir les photographies de Cédric Palerme rendez vous :

facebook.com/Palerme

instagram.com/cpalerme/?hl=fr

(3) Ecole de la Mer, CDMM

Par Florence Moretti

21/09/2020 NIce